Lecture commune de La Princesse de Montpensier ?

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Lecture commune de La Princesse de Montpensier ?

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1Dilara86
maaliskuu 21, 2017, 9:31am

Pour la première fois, une œuvre écrite par une femme est inscrite au programme de Littérature en terminale L. Relativisons : la portée de cette décision est minime. Elle ne touchera que les terminales L, soit 17 % des inscrits en filière générale. Et j'ose espérer que la plupart des élèves, quelle que soit la filière, auront lu des auteurEs l'année précédente, pour le bac de français (épreuve pour laquelle les œuvres sont choisies librement par les enseignants). Mais bon, il était temps quand-même ! La Princesse de Montpensier, c'est court, c'est un classique, c'est au programme, c'est 1,55 € dans la collection Pocket, ça n'est pas La Princesse de Clèves (également de Madame de la Fayette), qu'on a pratiquement tous étudié au lycée. Qui aurait envie de participer à une lecture en commun de ce roman sur LibraryThing? Ce qui serait magnifique, c'est si l'un d'entre nous avait les connaissances nécessaires (sur le XVIe siècle, sur la littérature du XVIIe, sur l'œuvre même...) pour guider cette lecture, mais même sans, ça devrait être intéressant ! Et si des non-francophones veulent nous rejoindre, ce serait encore plus convivial (mais à mon avis, mieux vaut avoir un bon niveau en français pour se lancer).

2LolaWalser
maaliskuu 21, 2017, 1:12pm

Je n'aime ni l'époque ni le sujet de ce roman mais la curiosité pourrait me pousser à participer ou au moins vous suivre--pourquoi l'ont-ils choisi? Ça a l'air d'une démarche tellement sommaire... suffit qu'elle soit femme, et attention, il ne faut qu'une seule! ;)

3Dilara86
maaliskuu 22, 2017, 4:59am

Pourquoi l'ont-ils choisi ? A mon avis, pour les raisons suivantes :

1) Il fallait une œuvre ancienne et bien classique, pour ne pas prêter le flanc aux critiques du genre "trop moderne, trop facile, voilà ce qu'il se passe quand on met des femmes au programme - tout part à vau-l'eau ma bonne dame". Mme de la Fayette est suffisamment incontournable pour ne pas être remise en cause par les dinosaures.

2) C'est une pique en direction de Sarkozy, qui avait fait scandale en disant que seul "un sadique et un imbécile" pouvait mettre La Princesse de Clèves (de la même auteure) au programme du concours pour la fonction publique et que - en gros - ce roman n'était pas à la portée d'une "guichetière". Ca avait provoqué tout un tas de réactions : lectures publiques du livre au Panthéon et ailleurs, tournage d'un film qui transpose son intrigue dans le monde moderne (La Belle Personne), écriture d'un livre qui fait de même ("Clèves" en français, ou Solange pour la version traduite. Un des livres les plus glauques que j'ai jamais lus - forcément puisque c'est l'histoire d'une relation entre une adolescente et un homme âgé -, mais un miroir intéressant sur notre société et sur les non-dits du roman.), et plus généralement hausse des ventes. Bref, Madame de la Fayette est malgré elle dans l'air du temps - culturel et politique - depuis quelques années.

3) Un grand nombre d'élèves auront déjà présenté La Princesse de Clèves au bac de français l'année précédente (que tous les élèves de lycée passent en classe de première, à 16-17 ans, alors que l'épreuve de littérature qui nous intéresse ici ne concerne qu'une petite partie des élèves, et se passe en terminale, à 17-18 ans). Il n'aurait pas été intéressant de ré-étudier l'œuvre l'année d'après.

4) Il fallait un livre qu'on puisse relier à un film (http://www.imdb.com/title/tt1599975/?ref_=ttpl_pl_tt) ou à une autre œuvre picturale pour coller à l'orientation "Littérature et langage de l'image" de l'épreuve (cf programmes de l'année prochaine et des années passées), puisque la seconde orientation de l'épreuve, "Lire-écrire-publier", en a encore pour un an avant d'être renouvelée. Parce que oui, maintenant, on n'étudie plus que deux œuvres pour cette matière. Voyons le bon côté des choses, il suffit de mettre unE auteurE au programme pour atteindre la parité !

Le choix peut sembler incompréhensible vu de l'extérieur, mais je crois que pour la plupart des français qui s'intéressent aux débats actuels sur la modernisation des canons culturels et sur le sexisme à l'école (sujet porté à bout de bras par la ministre de l'éducation Najat Vallaud-Belkacem), il est la réponse naturelle aux échanges et discussions politiques de ces dernières années : c'est une pique que tout le monde reconnaîtra comme telle, mais à laquelle la droite ne peut pas répondre sans se ridiculiser.

Par contre, je pense qu'il faut insister sur le fait que le choix de La Princesse de Montpensier a une portée très réduite : l'épreuve concerne très peu d'élèves, et ne programme que deux livres (anciennement quatre) par an. La grande épreuve qui concerne tous les élèves de lycée, c'est le bac de français, l'année précédente. Et là, les livres sont choisis par les professeur/e/s. Ma fille, comme beaucoup d'autres élèves, a présenté La Princesse de Clèves, justement, mais il est tout à fait possible que certains élèves ne présentent aucune œuvre écrite par une femme, si leur prof n'en voit pas l'intérêt... Du point de vue de l'égalité homme/femme, il serait plus judicieux de demander à ce que les profs ne dépassent pas un certain ratio d'œuvres masculines dans la liste des œuvres étudiées en classe de première.

4LolaWalser
maaliskuu 22, 2017, 1:17pm

Merci pour ces très intéressants renseignements, j'ignorais tout de ces propos de Sarkozy. Quel pitre. Mais l'idée (je ne dis pas que c'est la vôtre) qu'on puisse qualifier la littérature moderne comme étant "trop facile" par rapport aux antécédents me fait quand même rigoler... Je me débrouillais beaucoup plus aisément avec mesdames de Genlis, de La Fayette, de Sévigné, qu'avec Nathalie Sarraute ou Simone Weil!

Le pire c'est que tant qu'on reste dans ce culte des ancêtres on n'échappera ni au sexisme ni au racisme, c'est clair enfin rien qu'en contemplant l'Académie.